Le cerveau est le principal organe sexuel…vraiment?
Vous avez fort probablement déjà entendu la fameuse phrase « le cerveau est le principal organe sexuel ». Même si vous avez ne serait-ce qu’une petite idée de ce à quoi ça réfère, je soupçonne que vous ne vous imaginez pas à quel point cela est vrai!
En effet, le cerveau a un impact tellement grand et réel dans les différentes sphères de la sexualité que je trouvais important de vous en parler. Ce dernier est impliqué dans le développement psychosexuel, dans les fantasmes, dans la pression de performance, dans le désir sexuel et dans les troubles sexuels et tous ces éléments ont une influence sur comment la personne elle-même pense sa sexualité, la conçoit, la vit et la ressent dans son corps.
Développement psychosexuel
Au niveau du développement psychosexuel, vous comprendrez que le cerveau est le principal acteur. Effectivement, c’est le développement du cerveau qui dicte le cheminement sexuel de l’enfance vers l’âge adulte. Par exemple, un enfant est un être curieux et sexué donc il est normal qu’il recherche certaines sensations corporelles et soit dans une quête de découverte. Par contre, il y a d’importantes questions à se poser si un enfant de huit ans parle de pénétration de manière précise puisque ça ne fait pas partie de son âge selon le développement psychosexuel. Le développement dicte donc comment l’enfant doit vivre sa sexualité selon sa capacité à comprendre et synthétiser l’information perçue.
Fantasmes
Les fantasmes tirent leur origine de la personne elle-même selon ses préférences, ses goûts, ses désirs et ses expériences. Ainsi, le cerveau est le principal responsable des fantasmes! C’est lui qui synthétise l’information et qui crée certaines pensées anticipatoires et excitantes. C’est aussi le cerveau qui entretient ces pensées. Saviez-vous que ce sont principalement les fantasmes qui font naître le désir sexuel et le maintiennent? Saviez-vous que les gens ont de plus en plus de difficulté à fantasmer parce que les pratiques sexuelles sont dictées notamment par la pornographie et donc l’idée de fantasmer n’est plus naturelle?
Pression performance
En ce qui concerne la pression de performance, c’est aussi le cerveau qui l’entretient par des pensées récurrentes qui sont souvent erronées et persistantes. Bien évidemment, plusieurs facteurs influencent les gens à performer sexuellement, mais ce sont les pensées qui la font perdurer. Il peut s’agir de pensées comme « je dois absolument lui donner cinq orgasmes », « je dois retenir mon éjaculation le plus longtemps possible », « mon érection doit perdurer au-delà de 30 minutes et toujours être aussi rigide », « je dois être belle dans cette position » et elles ne sont qu’une simple ébauche. En consultation, il est possible de reconnaître certaines pensées qui peuvent être moins précises, mais tout aussi dévastatrices comme « les garçons de mon âge n’ont pas de troubles érectiles, je ne devrais pas en avoir », « je dois avoir plus de désir sexuel sinon je devrai lui permettre d’aller voir ailleurs » et bien d’autres encore. Toutes ces cognitions n’ont pas lieu d’être et devraient être enrayée puisqu’elles créent des troubles sexuels comme il vous le sera expliqué sous peu et maintiennent les gens dans leur difficulté et dans la recherche d’une sexualité qui n’est pas saine.
Désir sexuel
Le désir sexuel et motivé et entretenu non seulement par les fantasmes comme mentionné précédemment, mais aussi par différents aspects psychologiques comme le sentiment d’être séduisant/séduisante, les pensées positives en lien avec la sexualité, le bien-être conjugal, les attentes réalistes par rapport à la vie sexuelle et bien d’autres facteurs. Ainsi, la réponse physiologique comme l’érection pénienne ou la lubrification vaginale sont reliées en grande partie aux pensées qu’entretiennent les gens. L’activation du désir sexuel débute donc par le cerveau!
Troubles sexuels
De ce qu’énuméré précédemment, peut-être vous est-il plus évident maintenant de percevoir que plusieurs difficultés sexuelles proviennent généralement de pensées qui sont contraires à l’anticipation positive des relations sexuelles et au « laisser-aller » que la sexualité nécessite pour être agréable et saine. Ainsi, des idées préconçues trop rigides et trop négatives face à la sexualité sont souvent les premiers éléments responsables d’une difficulté sexuelle. Aussi, la faible estime de soi, la pression de performance et de conformité et l’inconfort associé à la sexualité sont également des acteurs très importants des troubles sexuels.
En somme, le cerveau est effectivement le principal organe sexuel parce que les croyances et les pensées définissent ce que le cerveau doit indiquer au corps en termes de réactions physiologiques. Ainsi, les pensées proviennent de l’analyse et de la compréhension que l’on se fait de la sexualité (souvent par les messages envoyés par la famille, les amis et la société) et ces pensées dictent au corps comment il doit se comporter. Ainsi, une perte de connexion avec ses pensées ou une trop grande connexion à ses pensées engendre une perte de sensations corporelles qui est associée à une difficulté sexuelle. Il est à noter que ce texte présente qu’une petite partie de l’implication du cerveau dans la sexualité parce que son rôle est encore bien plus grand et probablement inconnu dans son intégralité!